Pourquoi la fatigue, le ventre et le cycle vont si souvent ensemble, et comment je travaille sur les trois à la fois.
L'essentiel
• La thyroïde, l'intestin et les hormones féminines se parlent en permanence : quand l'un se dérègle, les deux autres le ressentent.
• Une thyroïde ralentie freine le transit et la digestion. Un intestin qui peine absorbe moins bien les nutriments de la thyroïde, et parfois le traitement lui-même.
• Les œstrogènes modifient les besoins en hormones thyroïdiennes, et le microbiote intestinal aide à réguler les œstrogènes.
• SOPK, endométriose, intestin irritable et Hashimoto se croisent plus souvent que le hasard ne le voudrait.
• On regarde donc les trois ensemble, avec votre médecin pour le diagnostic et le traitement.
Fatigué ou fatiguée dès le matin, le ventre gonflé, un transit capricieux, des règles difficiles ou un syndrome prémenstruel qui vous met à plat ? Souvent, chaque symptôme est traité de son côté : la thyroïde chez l'endocrinologue, le ventre chez le gastro-entérologue, le cycle chez le gynécologue. Et pourtant, ces trois systèmes travaillent en équipe.
Ce lien, je l'ai découvert pas à pas, au fil de plus de 20 ans de consultations. J'ai commencé en 2002 en service d'endocrinologie, auprès de patients diabétiques. Très vite, un constat s'est imposé : pour équilibrer un diabète, il fallait aussi prendre soin de la digestion. Je me suis alors formée au microbiote, à l'intestin irritable et au SIBO. Les patients souffrant de troubles digestifs sont venus de plus en plus nombreux, et chez beaucoup d'entre eux, la thyroïde était aussi en cause. Je me suis donc spécialisée en thyroïde. Puis, à mesure que cette spécialité grandissait, de plus en plus de patientes sont arrivées avec des déséquilibres hormonaux féminins : je me suis formée à l'équilibre hormonal. Chaque étape m'a menée à la suivante, et toutes m'ont montré la même chose : digestion, thyroïde et hormones forment une véritable triade. Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir toutes les clés en main pour accompagner mes patients et mes patientes. Voici comment ces trois systèmes sont liés, et ce que l'on peut faire au quotidien.
La minute « C'est pas sorcier » : une maison, trois équipes
Imaginez votre corps comme une grande maison.
- La thyroïde, c'est le thermostat. Elle règle la vitesse à laquelle chaque pièce chauffe : l'énergie, la digestion, le cerveau, la peau, le cœur. Thermostat trop bas, et toute la maison tourne au ralenti.
- L'intestin, c'est à la fois la cuisine et le poste de douane. C'est là que les aliments sont découpés en petits morceaux, puis triés : on laisse entrer les nutriments utiles, on refoule le reste. C'est aussi là que vivent des milliards de bactéries, le microbiote, qui travaillent avec nous.
- Les hormones féminines, ce sont les messagers. Œstrogènes et progestérone circulent dans toute la maison et donnent le rythme du cycle, du sommeil, de l'humeur.
Le thermostat a besoin de la cuisine pour recevoir ses briques (iode, sélénium, zinc, fer). La cuisine a besoin du thermostat pour que le tapis roulant du transit avance. Et les messagers passent par la cuisine avant d'être recyclés. Une équipe qui flanche, et les deux autres travaillent moins bien.
Thyroïde et intestin : un dialogue dans les deux sens
Quand la thyroïde ralentit, l'intestin aussi
Quand le thermostat baisse, le tapis roulant de l'intestin ralentit : la constipation fait partie des symptômes classiques de l'hypothyroïdie. Et un intestin qui tourne au ralenti laisse les bactéries remonter vers l'intestin grêle, où elles ne devraient pas s'installer. C'est le SIBO, une pullulation bactérienne de l'intestin grêle. Dans une étude italienne de 2007, 54 % des personnes ayant eu une hypothyroïdie d'origine auto-immune avaient un SIBO au test respiratoire, contre 5 % dans le groupe témoin.
Quand l'estomac manque d'acide
Avec Hashimoto, l'auto-immunité peut aussi toucher l'estomac. Selon une revue italienne, des troubles de l'estomac sont associés à Hashimoto chez 10 à 40 % des patients. La bactérie Helicobacter pylori peut, elle aussi, faire baisser l'acidité.
Or l'acidité de l'estomac, c'est le premier couteau de la cuisine. Sans elle, les protéines sont mal découpées, le fer, le zinc, le magnésium et la vitamine B12 passent moins bien, et les bactéries ont le champ libre pour remonter. En formation, je consacre toute une partie à ce manque d'acidité, l'hypochlorhydrie : un estomac pas assez acide, et toute la chaîne de la digestion se dérègle. En consultation, j'utilise parfois un test au bicarbonate : c'est un test empirique, non validé scientifiquement, mais il peut donner un petit aperçu avant d'en parler au médecin. Le comprimé de lévothyroxine, lui aussi, a besoin de cette acidité pour être bien absorbé : j'en parle dans Fatigue malgré le Levothyrox.
Quand l'intestin peine, la thyroïde manque de briques
Pour fabriquer et activer ses hormones, la thyroïde a besoin d'iode, de sélénium, de zinc et de fer. Tous passent par l'intestin. Une revue autrichienne de 2020 montre que le microbiote intervient dans l'absorption et l'utilisation de ces minéraux, et qu'il est souvent déséquilibré chez les personnes atteintes de Hashimoto. Ses auteurs le précisent toutefois : on ne sait pas encore si ce déséquilibre est une cause ou une conséquence de la maladie.
Une barrière intestinale trop perméable ?
Au poste de douane de l'intestin, de petites portes entre les cellules règlent ce qui peut passer dans le sang. Leur ouverture est contrôlée par une protéine, la zonuline, décrite par le Pr Alessio Fasano en 2000. Selon ses travaux, une barrière trop perméable chez des personnes génétiquement prédisposées pourrait favoriser les maladies auto-immunes. C'est encore une hypothèse, mais elle est au cœur de nombreuses recherches, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je prends soin de l'intestin quand il y a un Hashimoto.
La maladie cœliaque, à toujours avoir en tête
La maladie cœliaque est plus fréquente chez les personnes atteintes d'une maladie auto-immune de la thyroïde : une méta-analyse de plus de 6 000 patients la retrouve chez 1,6 % d'entre eux. En formation, je conseille de la faire rechercher par le médecin dès que des symptômes digestifs ou une carence en fer s'associent à la thyroïde. Et surtout, sans arrêter le gluten avant le test : le résultat serait faussé.
Et le gluten, en dehors de la maladie cœliaque ? Chez des femmes atteintes de Hashimoto et porteuses d'anticorps liés à la maladie cœliaque, un régime sans gluten de 6 mois a fait baisser les anticorps thyroïdiens. En consultation, je constate souvent une baisse des anticorps anti-TPO et anti-TG six mois après une forte diminution de la consommation de gluten. Point très important : ce que les études montrent pour la maladie cœliaque, je le constate souvent en consultation chez des personnes qui ont une sensibilité au blé non cœliaque, c'est-à-dire qui réagissent au blé sans avoir de maladie cœliaque. La piste mérite donc d'être testée même quand le dépistage est négatif, avec un professionnel, et sans se priver inutilement.
Pour les repères alimentaires qui soutiennent la thyroïde, vous pouvez lire Hashimoto : que manger ? Si votre ventre est au premier plan, découvrez mon accompagnement pour le SII et le SIBO.
Thyroïde et hormones féminines : des messagers qui se croisent
Cette partie concerne surtout les femmes, qui sont aussi les plus touchées par les maladies de la thyroïde.
Les œstrogènes changent les besoins de la thyroïde
Les œstrogènes augmentent dans le sang une protéine de transport, la TBG, qui « attrape » la T4 au passage. Résultat : il reste moins d'hormone libre pour les cellules. Dans une étude publiée en 2001 dans le New England Journal of Medicine, des femmes ménopausées sous lévothyroxine qui commençaient un traitement hormonal par voie orale ont vu leur T4 libre baisser et leur TSH monter.
La grossesse est le cas le plus important : selon l'American Thyroid Association, les besoins en lévothyroxine augmentent dès le début. Si vous êtes traitée, prévenez votre médecin dès le test positif. Même réflexe en cas de pilule, de traitement hormonal de la ménopause ou de leur arrêt.
SOPK et Hashimoto : un duo fréquent
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche environ 10 % des femmes selon l'Inserm. Dans une méta-analyse de 2018 portant sur 13 études, une maladie auto-immune de la thyroïde était présente chez 26 % des femmes atteintes de SOPK, contre 10 % des femmes témoins, soit un risque environ trois fois plus élevé. Plusieurs explications sont avancées, dont le déséquilibre entre œstrogènes et progestérone, et l'insulinorésistance fréquente dans le SOPK. C'est pourquoi, en consultation, quand SOPK et Hashimoto sont présents et qu'il y a des symptômes, je travaille toujours sur la glycémie.
Endométriose et thyroïde : une piste à surveiller
En consultation, je vois beaucoup de patientes qui ont à la fois une endométriose et une thyroïdite de Hashimoto. Les études, elles, ne sont pas encore d'accord : certaines trouvent un lien entre les deux, d'autres non. Par exemple, une étude turque de 2023 n'a pas trouvé plus d'anticorps antithyroïdiens chez les femmes atteintes d'endométriose. Ce qui est sûr, c'est que les deux méritent d'être suivies ensemble quand elles coexistent.
Préménopause et ménopause : des symptômes qui se ressemblent
Fatigue, prise de poids, sommeil perturbé, humeur en dents de scie, peau sèche : la thyroïde et la préménopause partagent beaucoup de symptômes. D'où l'importance d'un bilan thyroïdien prescrit par le médecin quand ces signes apparaissent, plutôt que de tout mettre sur le compte de l'âge.
Et la progestérone ?
En consultation, quand une patiente garde des symptômes d'hypothyroïdie malgré un traitement bien équilibré, je regarde aussi les signes d'un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone : seins tendus, syndrome prémenstruel marqué, cycles irréguliers. Pour aller plus loin, découvrez mon accompagnement pour l'équilibre hormonal féminin.
Intestin et hormones : le microbiote recycle vos œstrogènes
L'estrobolome, le service de recyclage
Une fois utilisés, les œstrogènes passent par le foie, qui les « emballe » pour les envoyer vers l'intestin avec la bile, en vue de leur élimination. Mais certaines bactéries de l'intestin savent défaire ce paquet grâce à une enzyme, la bêta-glucuronidase : les œstrogènes redeviennent actifs et repartent dans le sang. Les chercheurs appellent cet ensemble de bactéries l'estrobolome.
Selon une revue publiée en 2017 dans la revue Maturitas, le microbiote est l'un des grands régulateurs des œstrogènes qui circulent dans le sang. Un microbiote déséquilibré modifie ce recyclage, et les auteurs citent l'endométriose, le SOPK et les troubles de la fertilité parmi les situations concernées.
Quand le transit traîne
La bile et les selles sont deux voies d'élimination des hormones déjà utilisées. Une constipation peut d'ailleurs venir d'une mauvaise digestion des graisses, car la bile aide aussi le transit. En consultation, je le vérifie selon les symptômes, surtout quand la constipation s'associe à des signes d'excès d'œstrogènes (seins tendus, règles abondantes, syndrome prémenstruel).
Endométriose et intestin irritable
Les deux sont souvent confondus, et souvent associés. Dans une méta-analyse de 2022 portant sur plus de 96 000 femmes, l'endométriose multipliait par trois environ le risque d'avoir aussi un syndrome de l'intestin irritable. Ballonnements, douleurs, alternance de constipation et de diarrhée qui suivent le cycle : il faut y penser, et en parler à son gynécologue comme à son gastro-entérologue.
Le cycle se ressent aussi dans le ventre
En consultation, beaucoup de patientes me décrivent plus de ballonnements, de migraines ou de rougeurs autour de l'ovulation et avant les règles. En formation, je parle de l'histamine : cette molécule, présente dans les aliments fermentés ou affinés (fromages vieux, vin, charcuterie…), est dégradée dans l'intestin par une enzyme, la DAO. Quand l'intestin est fragilisé, cette enzyme travaille moins bien, et les variations hormonales du cycle peuvent amplifier les symptômes. Ce n'est pas une allergie, et cela se travaille dans l'assiette, pas à pas.
Certains troubles digestifs sont avant tout hormonaux. Et à l'inverse, on peut vraiment améliorer l'équilibre hormonal en prenant soin de la digestion. Il faut donc connaître les deux pour avancer : c'est pourquoi je travaille toujours sur le digestif et sur l'équilibre hormonal en même temps.
Le triangle en pratique
Les signes qui doivent faire penser aux trois
Quand plusieurs de ces signes se cumulent, je ne regarde jamais un seul système :
- une fatigue dès le réveil, une frilosité, un besoin de café pour démarrer ;
- une constipation ancienne, des ballonnements, une alternance de constipation et de diarrhée ;
- une carence en fer qui revient malgré les compléments ;
- un syndrome prémenstruel marqué, des règles douloureuses ou des cycles irréguliers ;
- des envies de sucre et des coups de pompe dans la journée ;
- une peau sèche, des cheveux qui tombent, des ongles cassants.
Ma démarche, pas à pas
- D'abord, ce qui relève du médecin. Bilan thyroïdien, recherche de maladie cœliaque, test respiratoire en cas de suspicion de SIBO, avis gynécologique en cas d'endométriose ou de SOPK : le diagnostic et le traitement restent médicaux.
- Ensuite, l'enquête. En consultation, j'utilise des questionnaires détaillés (thyroïde, glycémie, santé digestive) pour repérer où la chaîne coince : l'estomac, la bile, le microbiote, la glycémie, le stress.
- Puis l'assiette, étape par étape. Un changement à la fois, toutes les deux à quatre semaines, pour bien l'intégrer et voir ce qui vous fait du bien.
- Les compléments, seulement sur un bilan. Jamais au hasard, et toujours à distance du traitement thyroïdien.
- Un suivi régulier, en lien avec votre médecin.
Il n'existe pas un régime pour tout le monde. L'objectif est de trouver le vôtre, le plus varié possible, sans liste d'interdits à vie.
Ce qui dépend de vous au quotidien
- Des repas réguliers et un petit-déjeuner avec des protéines, pour stabiliser la glycémie, qui pèse à la fois sur la thyroïde, l'intestin et les hormones.
- Prendre le temps de mâcher : la digestion commence dans la bouche.
- Des légumes variés et des fibres adaptées à votre ventre, pour nourrir le microbiote.
- Du sommeil et du mouvement doux, pour calmer le stress, qui touche les trois systèmes à la fois.
Pour avancer pas à pas sur 12 semaines, j'ai réuni toute cette démarche dans mon ebook « Thyroïde, intestin, hormones : tout est lié ».
Quand consulter votre médecin ?
- Si vous avez des symptômes d'hypothyroïdie (fatigue, frilosité, constipation, prise de poids) sans bilan récent.
- Avant d'arrêter le gluten, pour faire rechercher une maladie cœliaque.
- En cas de ballonnements, de douleurs ou de troubles du transit qui durent, de sang dans les selles ou de perte de poids inexpliquée.
- En cas de règles très douloureuses, de cycles irréguliers ou de difficultés à concevoir.
- Si vous êtes enceinte ou souhaitez l'être, et que vous avez une maladie de la thyroïde.
- Si vous commencez ou arrêtez une pilule ou un traitement hormonal, et que vous prenez un traitement thyroïdien.
On ne modifie jamais un traitement sans son médecin.
Vos questions
Quel est le lien entre la thyroïde et l'intestin ?
C'est un dialogue dans les deux sens. Une thyroïde ralentie freine le transit et la digestion, et favorise le SIBO. Un intestin qui peine absorbe moins bien l'iode, le sélénium, le zinc et le fer dont la thyroïde a besoin, et parfois le traitement lui-même.
Hashimoto peut-il donner des ballonnements ?
Oui, indirectement : par le ralentissement du transit, par un manque d'acidité de l'estomac ou par un SIBO. Une maladie cœliaque associée est aussi à rechercher. Parlez-en à votre médecin.
Le SOPK peut-il venir de la thyroïde ?
Ce sont deux maladies différentes, mais elles vont souvent ensemble : les femmes atteintes de SOPK ont environ trois fois plus de risque d'avoir une maladie auto-immune de la thyroïde. Un bilan thyroïdien fait partie du suivi.
La pilule change-t-elle mon traitement thyroïdien ?
Elle peut changer vos besoins, car les œstrogènes augmentent la protéine qui transporte les hormones thyroïdiennes. Signalez tout changement de contraception à votre médecin, qui pourra contrôler votre TSH.
Faut-il un régime particulier ?
Non, pas de régime unique. Une alimentation variée, régulière et adaptée à votre ventre est la base. Les évictions se testent avec un professionnel, sur une durée limitée.
Pour aller plus loin
- Mon accompagnement pour Hashimoto et l'hypothyroïdie
- Mon accompagnement pour le SII et le SIBO
- Mon accompagnement pour l'équilibre hormonal féminin
- Hashimoto : que manger ?
- Fatigue malgré le Levothyrox : 6 pistes à vérifier
- Mon ebook « Thyroïde, intestin, hormones : tout est lié », une proposition alimentaire sur 12 semaines.
Sources
- Lauritano EC et al., Association between hypothyroidism and small intestinal bacterial overgrowth, J Clin Endocrinol Metab, 2007.
- Cellini M et al., Hashimoto's Thyroiditis and Autoimmune Gastritis, Front Endocrinol, 2017.
- Knezevic J et al., Thyroid-Gut-Axis: How Does the Microbiota Influence Thyroid Function?, Nutrients, 2020.
- Fasano A, Zonulin, regulation of tight junctions, and autoimmune diseases, Ann N Y Acad Sci, 2012.
- Roy A et al., Prevalence of Celiac Disease in Patients with Autoimmune Thyroid Disease: A Meta-Analysis, Thyroid, 2016.
- Krysiak R et al., The Effect of Gluten-Free Diet on Thyroid Autoimmunity in Drug-Naïve Women with Hashimoto's Thyroiditis, Exp Clin Endocrinol Diabetes, 2019.
- Arafah BM, Increased need for thyroxine in women with hypothyroidism during estrogen therapy, N Engl J Med, 2001 (résumé).
- American Thyroid Association, Management of Hypothyroidism During Pregnancy.
- Inserm, Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
- Romitti M et al., Association between PCOS and autoimmune thyroid disease: a systematic review and meta-analysis, Endocr Connect, 2018.
- Şerifoğlu H et al., Is there an association between endometriosis and thyroid autoimmunity?, Rev Assoc Med Bras, 2023.
- Baker JM et al., Estrogen-gut microbiome axis: Physiological and clinical implications, Maturitas, 2017.
- Nabi MY et al., Endometriosis and irritable bowel syndrome: A systematic review and meta-analyses, Front Med, 2022.
Ces informations ne remplacent pas l'avis de votre médecin.





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